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Fernand Léger (1881-1955)
Cubisme
Peintres poètes sculpteurs (Les musiciens), lithographie (portfolio Blaise Cendrars), 38 par 28 cm
numérotée 111/150, n° d'inventaire 724.
Peintre, dessinateur, graveur et décorateur français ayant élaboré un langage essentiellement plastique fondé sur le dynamisme de la vie moderne, sur les contrastes des formes et de signification, pour réintégrer finalement les valeurs morales et sociales.
Léger est de la race des bâtisseurs. Son oeuvre suit une évolution d'une rare logique, dont l'ancrage est dans son fameux "vouloir vivre dans le vrai..."
Le vrai, pour Léger, ce sont les réalités quotidiennes de la vitesse, de la machine, de la couleur, mais aussi celles qui constituent le monde social du travail, la vie même où ne cessent de s'affronter l'outil et la main.
Participe à partir de 1910 aux expositions des cubistes. Semblant avoir fait sienne la formule de Cézanne "traiter la nature par le cube, la sphère et le cylindre", il morcela géométriquement l'espace en insistant avec vigueur sur les volumes, et accorda au dessin un rôle prépondérant, créant des effets rythmiques par articulation de plans aux couleurs vives.
Rarement peintre fut plus à l'écoute de la vraie vie. La Première Guerre mondiale modifia son inspiration. "C'est à la guerre que j'ai découvert le peuple français, la camaraderie des travailleurs... C'est à la guerre que j'ai mis les pieds dans le sol..."
Vers 1924, il intégra la peinture à l'architecture, créant des décorations murales abstraites. Puis il agença des objets et des motifs disparates selon un esprit dénotant l'influence indirecte du surréalisme.
Dans les années cinquante, il entreprit de robustes allégories du travail et de la vie populaire : "Le Cirque", les "Cyclistes", la série des "Constructeurs".
Il emprunta alors au monde de la mécanique et de la machine de nombreux motifs : rouages, hélices, moteurs, bielles, tubulures, donnant aux formes un aspect métallique, et à la figure humaine, l'apparence d'un robot.
S'appliquant à diverses techniques et supports tels, décors de théâtre, vitraux (église d'Audincourt 'les deux oiseaux" (lithographie dans l'Artobus), mosaïques, céramiques, tapisseries, Fernand Léger fut le créateur d'une imagerie vigoureuse qui privilégia le fait humain et social.
Il a ainsi imposé une vision personnelle et optimiste d'une expression d'apparence directe, voire brutale, qui se fonde en fait sur une maîtrise graphique et une capacité d'invention plastique puissantes.